Dimanche, mars 16, 2014

Le 16 mars 1914, Mme Caillaux assassine M. Calmette de six coups de pistolet.

Depuis le début de l’année, le quotidien Le Figaro menait une virulente campagne contre Joseph Caillaux, ministre des finances, surnommé “le ploutocrate démagogue”, instigateur notamment d’un impôt sur le revenu. Les attaques, relayées par toute la droite et par d’autres quotidiens comme La Croix, redoublaient en cette période électorale, tant sur le plan des affaires qu’au niveau personnel. Dans ce contexte délétère, Le Figaro publie en une du 13 mars une lettre manuscrite signée “Ton Jo”, adressée par Joseph Caillaux à celle qui était alors sa maîtresse, avant de devenir sa femme.

Trois jours plus tard, Madame Caillaux, excédée par ces attaques, se rend dans le bureau de Gaston Calmette munie d’un pistolet automatique caché dans son manchon et abat le directeur du Figaro.

Le Figaro se pare du ruban noir du deuil. Dans les colonnes du journal  La Croix on peut lire:

Hier soir, M. Gaston Calmette, directeur du Figaro, a  été assassiné par Mme Caillaux, femme du ministre des Finances. […]
"J’ai fait mon devoir", tel est son testament.

Le drame ne met pas fin aux attaques. L’édito de La Croix du 19 mars revient sur l’affaire et titre, aussi poétique que cynique, “Aux lueurs du browning”.

Joseph Caillaux démissionne de ses fonctions. La Croix écrit encore : “L’horrible crime de Mme Caillaux a inspiré la même pensée à toute la presse : les balles qui ont frappé Calmette ont tué Caillaux.

La France perdait alors un des hommes politiques qui auraient pu œuvrer afin d’éviter la Guerre…

Armand Albert-Petit écrit dans son ouvrage “La France et la guerre” (publié en 1918 !) :

A la veille de la guerre la France n’était prête ni moralement ni matériellement. L’opinion publique était accaparée par les affaires de politique intérieure. Les élections générales qui venaient d’avoir lieu les 26 avril et 10 mai, les polémiques sur le service de 3 ans, et aussi
certains scandales comme l’affaire Rochette ou l’assassinat de Calmette par Mme Caillaux, préoccupaient plus que les grandes questions d’intérêt national.