Mercredi, juillet 2, 2014
Alors, le 28 juin 1914, retentit à Sarajevo ce coup de feu qui, en une seconde, fit voler en mille éclats comme un vase de terre creux, ce monde de la sécurité et de la raison créatrice dans lequel nous avions été élevé, dans lequel nous avions grandi, et où nous nous sentions chez nous.

Plus loin :

C’est ainsi que j’interrompis involontairement ma lecture quand soudain la musique se tut au milieu d’une mesure; Je ne savais pas quel morceau jouait l’orchestre de l’établissement de bains. Je sentis seulement que la musique avait cessé tout d’un coup. Instinctivement, je levai les yeux de mon livre. La foule qui se promenait entre les arbres comme une seule masse claire et flottante semblait elle aussi se transformer ; elle aussi interrompait subitement son va-et-vient. Il devait s’être passé quelque chose. Je me levai et vis que les musiciens quittaient leur kiosque. Cela aussi était singulier, car le concert durait d’ordinaire une heure ou plus. Il fallait que quelque événement eût provoqué cette interruption. En m’approchant, je remarquai que les gens se pressaient en groupes agités devant le kiosque à musique autour d’une communication qui, de toute évidence, venait d’y être affichée. C’était, comme je l’appris au bout de quelques minutes, la dépêche annonçant que Son altesse Ferdinand et son épouse, qui s’étaient rendus en Bosnie pour assister aux manoeuvres, y avaient été victimes d’un assassinat politique.

Passionnant Stefan Zweig, Le Monde d’hier, souvenir d’un européen.

(via daieuxetdailleurs)

Vendredi, juin 27, 2014
X comme… inconnue.
À Saint-Saturnin (Cher), en 1697, le curé met en terre une inconnue.

Le vingt trois may 1697 a eté inhumé une pauvresse quimourut aux Combes

Un acte, un écrit, pour sortir de l’oubli cette pauvresse, cette inconnue.
Source : Archives Départementales du Cher, Saint-Saturnin, 1697, BMS 1642-1746 vue 132.

X comme… inconnue.

À Saint-Saturnin (Cher), en 1697, le curé met en terre une inconnue.

Le vingt trois may 1697 a eté inhumé une pauvresse qui
mourut aux Combes

Un acte, un écrit, pour sortir de l’oubli cette pauvresse, cette inconnue.

Source : Archives Départementales du Cher, Saint-Saturnin, 1697, BMS 1642-1746 vue 132.

Mardi, juin 17, 2014 Lundi, juin 9, 2014
daieuxetdailleurs:

Archives départementales et communales. 22 mars 1917.
Le Préfet de la Seine à Messieurs les Maires des communes du département de la Seine
Il a été procédé en 1914 à un recensement de la population au point de vue du ravitaillement.
L’établissement de carnets de sucre fournissant de nouveaux dossiers de recensement, ceux de 1914 sont ainsi devenus pratiquement inutiles.
Mais il paraît préférable de ne pas procéder à la suppression des documents de la guerre actuelle et je crois devoir vous rappeler à ce sujet mes notes des 13 juillet 1907 et 29 juillet 1916 qui ont eu pour but de prévenir toute destruction des pièces présentant quelque intérêt.
J’ajoute même qu’il y aurait avantage à ce que ces dossiers de statistique fussent transmis par vous aux Archives de la Seine pour être réunis aux dossiers parisiens.
Signé : M. Delanney.
Source : Archives de Boulogne-Billancourt, 5 H (où le recensement de 1914 a été conservé)

daieuxetdailleurs:

Archives départementales et communales. 22 mars 1917.

Le Préfet de la Seine à Messieurs les Maires des communes du département de la Seine

Il a été procédé en 1914 à un recensement de la population au point de vue du ravitaillement.

L’établissement de carnets de sucre fournissant de nouveaux dossiers de recensement, ceux de 1914 sont ainsi devenus pratiquement inutiles.

Mais il paraît préférable de ne pas procéder à la suppression des documents de la guerre actuelle et je crois devoir vous rappeler à ce sujet mes notes des 13 juillet 1907 et 29 juillet 1916 qui ont eu pour but de prévenir toute destruction des pièces présentant quelque intérêt.

J’ajoute même qu’il y aurait avantage à ce que ces dossiers de statistique fussent transmis par vous aux Archives de la Seine pour être réunis aux dossiers parisiens.

Signé : M. Delanney.

Source : Archives de Boulogne-Billancourt, 5 H (où le recensement de 1914 a été conservé)

Jeudi, mai 29, 2014

Le 29 mai 1914, le paquebot RMS Empress of Ireland sombrait dans l’estuaire du fleuve Saint-Laurent.

Moins connue que celle du Titanic en 1912, ou celle à venir du Lusitania, cette catastrophe et ses 1012 victimes (sur 1477 personnes à bord) est le plus grand naufrage survenu au Canada et l’une des tragédies maritimes majeures du début du XXe siècle.

À presque 2 heures du matin le 29 mai, dans un épais brouillard, le vapeur charbonnier Storstad éperonne en son centre l’Empress of Ireland, en partance pour Liverpool. 14 minutes après l’abordage, le paquebot sombre dans les flots. De nombreux passagers mourront dans leur sommeil, d’autres noyés dans les eaux glacées du Saint-Laurent.

L’épave du navire est aujourd’hui un site protégé, considéré comme un lieu de sépulture pour environ 600 des 1 012 victimes de cette tragédie.

D’aucuns soutiennent enfin que règne sur ce paquebot une malédiction. Aux victimes de la catastrophe il faut en effet ajouter 6 plongeurs, décédés lors de l’exploration de l’épave.

Unes des journaux français : source Gallica.
Un récit plus détaillé sur empress2014.ca.
Sur la malédiction de l’Empress of Ireland.

Samedi, mars 22, 2014

Le 10 mars 1914, on replantait l’orme Saint-Gervais, un jeune spécimen “choisi parmi les plus beaux et d’une venue parfaite" et "destiné à devenir un arbre historique”.

La présence d’un orme à cet emplacement, aujourd’hui proche de l’église Saint-Gervais-et-Saint-Protais (Paris, 4ème arrondissement), est attestée dès le XIIIe siècle. Il symbolisait alors la justice et un lointain prédécesseur de l’orme actuel a dû voir sous ses branches justice rendue… jusqu’au supplice !

”[…] au XIIIe siècle, la possession d’un orme par un seigneur est «enseigne de haute justice», c’est-à-dire fait présumer qu’il est haut justicier.
Fr. Olivier-Martin, Hist. du dr. fr.,1948, p.142

L’orme de Saint-Gervais fut maintes fois coupé puis replanté. D’arbre de justice, après la Révolution il devint arbre de la Liberté. De symbole en symbole, l’orme est parvenu jusqu’à nous, chargé d’Histoire et d’histoires. Il est aujourd’hui censé porter bonheur.

Selon plusieurs sources, dont Le Petit Parisien, l’arbre dont on peut contempler aujourd’hui les ramures et le tronc fendu par la foudre aurait été planté en 1936.
Mais alors, qu’est-il advenu de l’orme planté ce 10 mars, “sans cérémonie, sans discours, sans pompe officielle”, comme le rapporte le même quotidien, Le Petit Parisien de 1914 ?

Sources :

Vous pouvez aussi retrouver sur le blog Entre nous et nos Ancêtres nos digressions sur l’arbre : arbres dans l’histoire, les plus vieux arbres…

Vendredi, mars 21, 2014

Le 12 février 1914 vit la “naissance” de trois nouveaux Immortels. Trois des quatre sièges vacants de l’Académie française étaient ainsi pourvus.

Cette élection drapa de l’habit vert un historien et un auteur dramatique et journaliste - il succéda en tant que directeur de la rédaction du Figaro à Gaston CALMETTE, dont nous relations l’assassinat - tous deux aujourd’hui méconnus.

Le troisième a laissé son nom à des lycées, des rues… Il s’agit du philosophe Henri BERGSON. Du fait de la Grande Guerre, il ne fut officiellement reçu à l’Académie française que le 24 janvier 1918, en tant que successeur d’Émile OLLIVIER,

Fils d’un musicien d’origine juive polonaise et d’une mère juive anglaise, il acquit la nationalité française à ses 18 ans. Normalien, professeur de philosophie, il fut distingué Grand-croix de la Légion d’honneur et reçut le prix Nobel de littérature en 1927. Le deuxième article cite, déjà en 1914, trois des œuvres majeures du philosophe. Ses œuvres sont d’ailleurs entrées dans le domaine public depuis le 1er janvier 2012 et défient aujourd’hui les neurones de nos lycéens et étudiants !

Leurs biographies sur le site de l’Académie française :

Une citation d’Henri BERGSON :

« Partout où quelque chose vit, il y a, ouvert quelque part, un registre où le temps s’inscrit.  »

L’évolution créatrice, 1907